Aujourd'hui, nous fêtons les rois, los reyes magos et pour l'occasion, je me retrouve à la salle des fêtes de M. Je dis bonjour à tous ces vieux, qui, de plus bas, admirent surement ma jeunesse. Les rides défigurent leurs traits, on croirait parfois d'énormes balafres, qui ne sont bien sur, que les marques du temps qui passe. Mamie est dans son élément, elle sourit à qui veut bien la regarder dans les yeux et ne cesse de saluer tous ces gens. Je ne suis plus un être à part, je suis devenue "la fille de Patrick" ou "la soeur de Pierre" évidemment ! Je prie pour ne pas finir comme la vie me larguera surement. C'est triste à dire mais je ne m'imagine pas ces futurs moments heureux. Je serai une grand mère parisienne qui mangera au Café Flô du Printemps tous les dimanches midi. Une vieille élégante. Un bout de femme qui sourira comme Mamie. J'ai beau dédaigner la campagne, ici sont mes racines. Maman migrera vers le Sud dans doute pour profiter du soleil un peu plus. Papa partira au Gabon et Pierre, peut être ira t'il au bord de la mer.
Moi j'irai à Paris, NY, Barcelone ou Tokyo. Une ville qui bouge en tout cas. On verra bien.

Quand je reviendrai là, tout aura bien changé. L'orpheline de la campagne regardera tomber les feuilles mortes durant ses jours de congés. Elle racontera à ses enfants la merveilleuse liberté qu'on ressent à courir dans les champs fleuris avant que l'aube n'arrive doucement. Cette sensation qui nous emplit le coeur quand on marche dans un chemin tapissé d'ail sauvage et qu'on lève les yeux dans la forêt fraîche pour distinguer les rayons du soleil qui s'échappent difficilement des branchages.
Elle aura beau aimer plus que tout la vie citadine, elle ne reniera jamais ses racines.


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