Et même si je te blesse, que certaines larmes montent à mes yeux fatigués par l'écran de ce foutu ordinateur, même s'il me semble inconcevable de devoir expliquer mon humour à deux balles (que tu ne captes pas du tout et que tu prends pour du détachement), il me faut te dire cette peur affreuse qui me tient au bide comme un foutu gramme d'alcool un lendemain de cuite, il y a cette once d'inhumanité qui pourrait se détacher de moi, s'emparer de tout mon être si tu décidais de partir. Leave left left. Partir, laisser, quitter. La loose totale, le bas de gamme du verbe et pourtant celui qui me déglingue entièrement à la moindre pensée, celui qui me glace plus encore que du vent à travers mon pull. Je n'ai pas d'arguments pour ma défense. Peut être que si tu partais, ce serait parce qu'on a plus rien à se dire, comme tu me l'as si bien fait comprendre, ou peut être encore parce que certaines savent si bien marcher sur la corde sensible et sur l'ambiguïté amicale, ou peut être encore (bis) parce que ma jalousie n'est pas bien accordée à ce fabuleux désir de liberté dans le couple. Je sors encore des excuses à la Cosmopolitan et j'en ai bien honte; Mais je n'suis pas dans un de ces moments de faste où l'esprit s'allume de milles éclats et déclame la culture qui fait faux bond à ma mémoire. Un soir peut être, quand j'aurai trop bu et que toute inhibition me sera interdite, alors je deviendrai cette autre si fière, si souriante.

 Juste avant le trou noir.



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